Conférencier(e)s invité(e)s

Olivier BAUDE

Université d’Orléans, Laboratoire Ligérien de Linguistique (LLL, UMR 7270)
http://www.lll.cnrs.fr/olivier-baude

Mutualiser et diffuser des corpus : vraiment ? Pourquoi ? Comment ?

Depuis une quinzaine d’années la mutualisation et la diffusion des corpus sont présentées comme un enjeu majeur évident. Pourtant la pertinence de cette démarche qui recoupe de nombreux aspects notamment scientifiques, techniques, juridiques et méthodologiques ne va pas de soi.

Après avoir posé la question de la pertinence de cette démarche pour un(e) jeune chercheur(e) j’en présenterai les principaux aspects concrets et leurs relations avec  le paysage institutionnel européen à l’heure des Digital Humanities : qu’est-ce qu’un corpus constitué de données interopérables ? Comment le faire connaitre, le conserver, le diffuser ? Quelles sont les solutions proposées par les structures et infrastructures locales, nationales et européennes ? Il s’agira, in fine, de donner les clefs qui permettent au chercheur de maitriser ce qu’il fait quand il place le corpus au centre de ses recherches.


Anne Catherine SIMON

Université catholique de Louvain, Institut Langage & Communication (ILC) | Centre de recherche VALIBEL
http://www.uclouvain.be/anne-catherine.simon

Prosodie, discours et linguistique sur corpus. De quelques pratiques méthodologiques 

Le rôle de la prosodie dans le fonctionnement et l’interprétation du discours est au centre de mes recherches, que ce soit pour l’identification des styles de parole, la segmentation du flux discursif en unités ou le marquage d’un accent régional. Étant donné le caractère partiellement codé et partiellement iconique du fonctionnement de la prosodie, l’annotation de corpus de parole pour son étude pose une série de problèmes spécifiques. J’aimerais mettre mon expérience à profit pour proposer quelques réponses aux questions qui se posent à tout (jeune) chercheur travaillant dans ce domaine. Comment documenter un corpus multigenres pour permettre de comparer les résultats obtenus avec ceux d’autres études ? Sur quels critères adopter la meilleure technique d’annotation pour une question de recherche, et comment rendre des annotations réutilisables ? Comment valider la fiabilité d’une annotation ? Quels sont les avantages et les inconvénients de quelques méthodes qualitatives et quantitatives pour l’analyse de la prosodie ?

Mots clés : prosodie, discours, linguistique de corpus, français parlé, unités de discours, phonostyles, styles de parole.


Véronique TRAVERSO

CNRS, Laboratoire Interactions, Corpus, Apprentissages, Représentations (ICAR, UMR 5191)
http://icar.univ-lyon2.fr/membres/vtraverso/

Entre conception, transcription et analyse : réflexions sur un “regard en alerte”

Les étapes, les questions, les problèmes, les dilemmes liés à la démarche menant de la conception d'un terrain à l'aboutissement d'une analyse ont fait l'objet de bien des travaux et réflexions depuis plus d'une vingtaine d'années, conduisant à différentes propositions dans les champs de l'analyse de la langue parlée, du discours et de l'interaction. Dans cette contribution, je m'appuierai sur la représentation de la démarche de la linguistique interactionnelle proposée sur le site CORINTE (http://icar.univ-lyon2.fr/projets/corinte/), pour questionner des points, souvent obscurs dans les présentations méthodologiques, concernant certains aspects des axes 1, 2 et 3 du programme : conception du terrain, question de recherche, aléas et émergences ; examen des données et transformation des questions ; granularité et apparition des phénomènes. Ceci illustrera, à partir de données vidéo, le “regard en alerte” (réinterprétation de ce que l'analyse conversationnelle appelle parfois “unmotivated looking”), qui permet d'identifier les phénomènes (qu'il pourrait être pertinent de : décomposer, annoter, décompter).

Mots clés : linguistique interactionnelle, multimodalité, regard, phénomènes, granularité.


Victor CORONA, Patricia LAMBERT, Laurent VEILLARD

CNRS-ASLAN / ENS de Lyon-IFé / Université Lyon 2, Laboratoire Interactions, Corpus, Apprentissages, Représentations (ICAR, UMR 5191)
http://icar.univ-lyon2.fr/membres/lveillard/
http://icar.univ-lyon2.fr/membres/plambert/

Dans les coulisses d’une ethnographie en équipe : en quête d’une politique du terrain

En tant que modes particuliers de production de données et de construction de connaissances, les approches ethnographiques nous confrontent à des questions méthodologiques qui, loin d’être nouvelles, se trouvent sans cesse renouvelées à l’épreuve du travail empirique. Il en va ainsi pour les enquêtes individuelles comme pour les formes de travail en équipe. Dans les champs des sciences du langage et de la recherche en éducation en France, les questions spécifiques au travail de terrain font assez rarement l’objet d’explicitations dans les compte rendus de recherche. Bien que tous les aspects de la pratique de terrain ne soient pas verbalisables, un intérêt de l’explicitation réside pourtant dans le fait qu’elle permet d’établir des fondements et des limites des analyses interprétatives proposées par les chercheurs. Dans cette intervention à trois voix, on invitera les auditeurs à pénétrer dans les coulisses d’une approche ethnographique en cours de déploiement. Conduite par une équipe pluridisciplinaire (sociolinguistique, didactique professionnelle), cette recherche intègre l’ethnographie dans des démarches collaboratives sur le terrain de l’enseignement professionnel dans des lycées. Depuis l’accès aux sites de l’observation participante jusqu’à l’élaboration d’un corpus complexe (axes 1 et 2 de l’appel du colloque), on tentera de donner à voir quelques facettes du déroulement du travail empirique. Il s’agira ainsi de mettre au jour la manière dont le dispositif de la recherche dessine progressivement la tonalité générale d’une « politique du terrain » (Olivier de Sardan, 1995). 

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